Témoignages de soignants suspendus par l'obligation vaccinale Covid de la loi du 5 août 2021 : Stella (Belfort), une soignante du Bas-Rhin, et Sonia en hommage à Christine, sage-femme à Colmar.

Professionnels de santé victimes d'effets indésirables, suspendus ou licenciés en raison de l'obligation vaccinale de la loi du 5 août 2021 : leur parole compte aussi. Voici les témoignages écrits publiés à ce jour.

Témoignage 1 — Stella, 67 ans, employée médico-sociale suspendue dans le Territoire de Belfort

Professionnelle soumise à l'obligation vaccinale — Stella, 67 ans, employée d'une association médico-sociale dans le 90 et engagée dans un recours en justice.

« J'étais en arrêt maladie du 14 septembre 2021 jusqu'au 31 décembre 2021.
Avant mon arrêt maladie, la direction des ressources humaines m'avait appelée sur mon téléphone professionnel en me demandant si je souhaitais me faire vacciner contre la Covid19.
Ma réponse fût la négative car je voulais réfléchir et j'estimais que le secret médical n'était pas respecté.
Le 3 septembre 2021 et le 16 septembre 2021, j'ai reçu respectivement deux courriers en recommandé avec accusé de réception concernant ma suspension de travail liée au non-respect de l'obligation vaccinale.
A ce moment-là, je me suis sentie perdue, j'ai éprouvé de la stupeur, de la colère et de l'injustice envers mon employeur et la société.
J'ai eu l'impression d'abandonner les personnes âgées dont je m'occupais avec dévouement et professionnalisme.
J'ai travaillé pendant la Covid19 avec toutes les mesures d'hygiène recommandées par le ministère de la santé via l'ARS.
Mes patients n'ont jamais été contaminés et moi non plus.

De ce fait, mes ressources ont diminué : plus aucun salaire, ni de droits au chômage, ni RSA.
Je percevais une pension d'invalidité de la sécurité sociale tout en travaillant, et pour prétendre à celle-ci je devais leur transmette mes fiches de salaire, dont le montant était nul.
Ceux-ci n'ont pas réagi de suite et lorsqu'ils s'en sont aperçu, ils ont admis leur erreur de versement en ma faveur.
Mon dossier est passé rapidement en commission, ma dette de 9 400 euros a été réduite de 50% soit la somme de 4 400 euros remboursable en 36 mois (121 euros/mois).
Mais comment, aurais-je pu payer mes dépenses courantes (loyer + charges courantes (EDF-Gaz-Mutuelle-Téléphone) ? Je me suis chauffée avec un chauffage d'appoint au gaz et j'ai dû réduire significativement mes dépenses journalières.
De plus, j'avais 4 animaux à nourrir dont un chien et trois chats.

Certaines personnes qui étaient pour la cause des soignants suspendus (donateurs anonymes, amis, famille (frère) et de bons samaritains). Ils faisaient des quêtes et des appels aux dons alimentaires, ce qui fût salutaire pour moi et mes collègues.
Je faisais des marches aux flambeaux avec mes collègues à Belfort.
Une partie de la population nous soutenaient.
J'ai tenu un stand en hiver avec celles-ci pour demander des dons de nourriture et de premières nécessités. Un journaliste de l'Est républicain s'était déplacé pour nous interviewer.
Je déprimais et je fus soutenue moralement par une partie de ma famille et amies.
Mes animaux m'ont beaucoup aidé psychologiquement. »

Voir le témoignage original de Stella (image)

Témoignage 2 — Soignante de 39 ans dans le Bas-Rhin, suspendue pour refus de la vaccination Covid

Professionnelle soumise à l'obligation vaccinale Covid — Soignante de 39 ans, dans le Bas-Rhin, souhaitant rester anonyme. Témoignage du 15 septembre 2025.

« Le 12 juillet 2021 je n'avais pas écouté le discours de Mr Macron. C'est en allant dans ma belle-famille, le soir même, que celle-ci m'annonce que je vais devoir me faire vacciner contre la Covid-19 sinon je perdrais mon emploi seulement 2 mois après. Sous le choc, je réponds d'emblée que c'est hors de question ! Ma belle-famille et mon mari se mettent à m'engueuler m'affirmant que j'étais obligé de le faire, qu'il s'agissait même d'un devoir. Double choc. En plus de l'annonce, l'incompréhension des proches malgré mes explications concernant ce vaccin qui est encore en pleine phase expérimentale. Comment peut-on nous obliger à faire partie de cette expérimentation ? Et de surcroît gratuitement ? En temps normal, lorsque des gens font des tests sur de nouveaux médicaments, donc encore en phase expérimentale, ils le font en laboratoire et ils reçoivent une rémunération pour être testeur, cobaye. Il s'agit d'une véritable obligation, chantage qu'on nous impose. J'étais abasourdie, cela va totalement à l'encontre du Code de Nuremberg.

Peu de temps auparavant, lors des confinements, j'allais travailler dans un lieu devenu par ailleurs zone Covid. J'étais emmitouflée sous les couches de sur-blouses et compagnie, ainsi que dans le stress de cette période. Pendant ce temps-là, la plupart des gens étaient chez eux à profiter de leur famille, tout en ayant toujours une rémunération. J'avoue que j'aurais moi aussi voulu profiter de ma famille. Un jour nous étions applaudis, le lendemain on nous met à la porte comme des malpropres. Sans ressources, sans possibilité de se retourner. Pas le droit au chômage, RSA ou autre allocation. Rien du tout. Je me suis sentie comme une criminelle, alors que je craignais avant tout un vaccin qui venait de sortir. Chose impensable pour un pays comme la France. Surtout dans l'indifférence générale. Quand je pense à ceux qui sont licenciés, ils ont droit à percevoir le chômage ou ont tout un programme pour leur permettre de se reconvertir ou trouver un autre boulot, avec une prime de licenciement de surcroît. Là c'est le néant.

Il était très difficile pour moi de me dire que très bientôt je n'allais plus pouvoir exercer ce métier. Sachant que c'était le seul que je connaisse. Ce métier je le pratiquais depuis que je suis en âge d'exercer et j'aurais dû facilement y finir ma carrière puisque le travail ne manque jamais dans ce milieu. Que vais-je faire d'autre ? Je ne sais absolument pas quoi faire et en si peu de temps ? J'ai des enfants et le crédit de la maison à payer. On m'a mis le couteau sous la gorge !

Tout va très vite et je rentre dans un état de stress et de panique quasi constant. Je fais des recherches juridiques et je passe du temps avec un juriste au téléphone me promettant de faux espoirs qu'il n'y aura pas de suspension.

Durant le temps que la suspension arrive, je continue de travailler la boule au ventre, avec les regards et réflexions de collègues tentant de me pousser à finalement accepter la vaccination. Certains de mes collègues ne souhaitaient pas non plus se faire vacciner l'ont fait sous le poids du chantage. Malheureusement, afin de continuer ce travail en sursis, je dois me faire maltraiter le nez tous les 2 jours avec un test PCR. Tous les 2 jours ma supérieure venait me voir, vérifier mon autorisation par le résultat du test afin que je puisse continuer mon poste. D'ailleurs, un jour, une pharmacienne m'a ouvertement traité de « meurtrière ». C'est incompréhensible pour moi. Sachant que tous les résidents étaient vaccinés et donc protégés. Comment pourrais-je être cette « meurtrière » ? Je voulais juste protéger ma santé. Cette femme m'avait choqué par sa virulence, c'était incroyable que les gens tombent dans de tels jugements.

Au quotidien, je n'ai absolument aucun soutien de mon mari. C'est l'indifférence totale. De son côté, malgré la non-obligation pour lui, il va se faire vacciner. Je respecte son choix. En espérant que tout ceci ne sera qu'une passade. Pareil du côté de mes « amis », ils étaient pour la plupart d'une grande indifférence. Je pouvais sentir le jugement de certains. « Je n'ai qu'à me faire vacciner ».

Heureusement que ma propre famille était compréhensive et me soutenait. Ma mère a elle-même également été suspendue par un autre établissement, nous avons donc vécu sensiblement la même horreur. Nous avons ensemble manifesté dans l'espoir que ce gouvernement et que le Sénat refusent cette loi. Ce qui m'a également permis de « tenir » c'est la rencontre avec d'autres personnes avec les mêmes valeurs ou d'autres qui allaient également perdre leur emploi. Je pense à ces soignants qui ont mis fin à leurs jours. Je peux en effet affirmer que sans mes parents et les nouvelles rencontres, je ne sais pas si j'aurais tenu le coup.

J'ai fait une demande de rupture conventionnelle à mon employeur afin que je puisse au moins me reconvertir et toucher le chômage. Dans ma demande, je précise ne pas demander la prime conventionnelle, car mon souhait étant avant tout de pouvoir vivre tout simplement. Celui-ci refuse. Je le reçois au téléphone afin d'avoir des explications. Il ne m'en donne pas. Il est d'une froideur glaciale qui me plonge encore plus. Je réalise à quel point l'être humain n'a toujours pas appris à être humain. Malgré le domaine de l'humain.

Durant la suspension, je bosse dans une usine qui a besoin de saisonniers. J'ai toujours une famille à nourrir et un crédit à rembourser. C'est un véritable changement, j'y vais à contre-cœur. J'y fais tout de même de belles rencontres, heureusement. Mais ce n'est plus mon métier.

Durant ce laps de temps, je tente de faire une démission-reconversion afin de pouvoir faire une formation tout en touchant le chômage. C'est la seule possibilité qui se présente à moi. S'en suit des rendez-vous afin de monter le dossier qui passe devant une commission. Celle-ci, heureusement, me valide la demande. Je pose donc ma démission. Cela reste risqué, car le Pôle Emploi peut encore me refuser ma demande. C'est accepté. Le soulagement est là. Je pense voir le bout du tunnel. J'entame donc ma formation. Cependant, la cassure avec mon mari était bien présente. Je n'ai pas envie de briser ma famille et j'espère que tout rentrera dans l'ordre. Espoir impossible. Une nouvelle cassure enfonce le clou. Je décide de divorcer. Malgré la précarité dans laquelle je me trouve, je décide de quitter ma maison et je vais vivre en appartement. Précarité impensable il y a encore peu, jamais je pensais me retrouver dans une telle situation et enchaîner autant d'épreuves en si peu de temps.

Ce fut un enchaînement de deuil : Deuil de mon métier, deuil de certaines collègues que j'appréciais énormément, deuil des amis, deuil du mariage, deuil d'une vie de famille normale, deuil d'une vie confortable, deuil de ma maison, deuil de mon chat qui est resté dans la maison. Toutefois, je ne regrette rien car quand je vois toutes les personnes qui ont des séquelles et parfois très graves. Je réalise à quel point j'ai fait le bon choix.

Grosse pensée à toutes ces personnes qui souffrent d'effets indésirables qui les empêchent d'avoir une vie normale ! »

Voir le témoignage original (images) : page 1 · page 2

Témoignage 3 — Sonia, en hommage à Christine, sage-femme à la maternité de Colmar

Professionnelle soumise à l'obligation vaccinale Covid — Sonia, pour son amie et ancienne collègue Christine, soignante de 56 ans dans le Haut-Rhin, qui s'est donnée la mort le 14 décembre 2021. Témoignage du 21 décembre 2025.

« Mon amie et ancienne collègue, Christine, était sage-femme à la maternité de Colmar depuis 1987. C'était une fille joviale, gentille, sincère, compétente et très appréciée par les parturientes.
Elle a été suspendue en septembre 2021 suite à son refus de l'injection covid. Voici son message du 21 septembre 2021 : "Merci Sonia. Suspendue depuis hier soir 20h30 après ma garde. Réintégrée si je vax. 3 entretiens hier. Fatiguée aujourd'hui. BISOUS"

Après quelques temps, ne supportant plus d'être privée de son métier qu'elle adorait, elle a fini par se faire injecter et a réintégré son poste. Lors de son appel téléphonique pour m'informer de sa reprise, elle était agitée, un peu agressive et disait que "la tête ça ne va plus!" Elle m'a aussi fait part de sa grande peur de commettre une erreur professionnelle. Voici ses mots : "je suis en salle d'accouchement physiquement mais ma tête n'y est plus, j'ai trop peur de faire une connerie". Je ne reconnaissais plus Christine que je côtoyais depuis 30 ans.

Elle s'est suicidée dans la nuit du 13 au 14 décembre 2021.

Christine s'est battue de toutes ses forces pour la liberté et disait : "Je respecte le choix des autres, je demande seulement qu'on respecte également le mien."

Je veux témoigner aujourd'hui pour rendre hommage à sa mémoire et à son courage. Que son décès puisse donner naissance à plus d'écoute, d'amour et d'humanité entre les hommes.

Sonia »

Voir le témoignage original de Sonia (image)

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